L'histoire de Madurodam
D'un hommage à la Seconde Guerre mondiale à un symbole de rassemblement
Depuis 1952, Madurodam est bien plus qu'un simple parc. C'est un lieu chargé d'histoire, un hommage au courage, à la résilience et au devoir de mémoire. Ce qui a commencé comme un monument vivant est devenu un véritable symbole des Pays-Bas, où les histoires du passé continuent de rassembler les générations.
Le Comité des enfants de La Haye : des héros en temps de guerre
L'histoire de Madurodam trouve son origine dans un formidable élan de solidarité. En 1938, Bep et Gerard Boon fondent le Haagsch Kindercomité (Comité des enfants de La Haye). Leur mission : venir en aide aux enfants juifs autrichiens en les faisant échapper aux persécutions du régime nazi.
Entre 1938 et 1940, près de 1 600 enfants sont ainsi accueillis à La Haye. La famille Boon ouvre même les portes de sa maison, à Scheveningen, pour héberger des intellectuels juifs réfugiés : un acte d'un courage et d'une générosité exceptionnels.
Une rencontre avec la famille Maduro : une amitié qui a changé l'avenir
En mai 1940, alors que la famille Boon se réfugie en Angleterre, elle fait la connaissance de Joshua et Rebecca Maduro. Cette rencontre marque le début d'une amitié qui jouera un rôle décisif dans la création de Madurodam. Au fil des années, la famille Boon développe l'idée d'un projet unique, destiné à perpétuer la mémoire de George Maduro, héros de guerre et fils de Joshua et Rebecca, tout en offrant aux Pays-Bas un lieu porteur de sens et de solidarité.
Le Nederlands Studenten Sanatorium : l'inspiration d'un projet d'exception
Après la guerre, Bep Boon rentre aux Pays-Bas et s'engage auprès du Nederlands Studenten Sanatorium (NSS), un établissement qui permet aux étudiants atteints de tuberculose de poursuivre leurs études. Face aux coûts importants des soins et du suivi, elle cherche un moyen durable de soutenir le sanatorium.
Elle se souvient alors d'une ville miniature qu'elle avait visitée en Angleterre. Dans un jardin de Beaconsfield, un réseau ferroviaire miniature attirait de nombreux visiteurs et permettait de récolter des fonds pour une œuvre caritative. Cette idée inspire Bep Boon, qui décide de créer un projet similaire aux Pays-Bas.
La ville miniature de Madurodam : un hommage à George Maduro
En 1950, lors d'une réunion du conseil d'administration du NSS, Bep Boon présente son projet de ville miniature. Les parents de George Maduro souhaitent alors ériger un monument à la mémoire de leur fils, mort en captivité pendant la Seconde Guerre mondiale. Ils financent le lancement de ce projet, qui donnera naissance à Madurodam.
La ville miniature porte le nom de George Maduro et rend hommage à son courage et à son héroïsme. Mais Madurodam est bien plus qu'un parc de miniatures : c'est aussi un lieu de mémoire. Dans l'une de ses dernières lettres adressées à ses parents, George écrivait :
« Que mon souvenir soit pour vous une source de fierté. »